Ce quartet indépendant originaire de Paris semble avoir la passion des choses rondement menées. Où l’approximation n’a pas sa place. Soignant aussi bien son que pochette – signée Mezzo – ou textes chantés dans un Anglais n’ayant rien de Bulgare ! De l’auto production haut de gamme qui ferait la nique à beaucoup de disques labellisés. Postulat ambitieux qui, chez eux, est une constante puisque ce nouvel album doit être quelque chose comme leur sixième méfait ! Tous plus ou moins fidèlement produits au studio Black Box par le très adroit Peter Deimel. Abnégation loin d’être passée inaperçue, particulièrement chez les fanzineux, où, tour à tour, on leur a collé Sugar, REM, les Pixies, Pavement, Superchunk, les Soft Boys et Guided By Voices dans les pattes. Jusqu’à Sonic Youth, les vétérans du vavavoom indie-bruitiste. Et puisque nous n’adhérons pas forcément à tous ces petits tiroirs descriptifs et que nous n’ajouterons pas de noms aux noms, considérons l’option GBV/ Sonic Youth comme une raisonnable délimitation du territoire. Sans la foutraque obsession anglophile des premiers, ni le concassage expérimental des derniers nommés. De toutes manières, il y a dans ‘Mental’ suffisamment d’affirmation de soi – Mis All / Glue / The Mismatch… – pour que Joyliner navigue fièrement sous son seul pavillon. Hardiment porté par une écriture de première bourre, des arrangements à l’avenant et une maîtrise instrumentale inspirant le respect. de l’indie-pop à haute altitude. N’allez pas les manquer ! (A.F.) Face 122 – Avril 2012